Le père de Tizio évoque «un pur geste d’amour»

C’est le Parisien qui a pu obtenir les premières déclarations en public du papa de Tizio, actuellement poursuivi pour soustraction de mineur par ascendant. Souvenez-vous, nous avions suivi sur les lieux la disparition de ce petit bébé qui était en danger et qui avait été enlevé par son papa sur la région toulousaine.

Un alerte enlèvement avait été déclenché, et avait permis de retrouver le petit enfant en très bonne santé. C’est le père qui l’avait enlevé aidé de son frère. Ils ont tous les deux été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en attendant leur procès. Le père explique les raisons de cet enlèvement qui pour lui était un geste d’amour et non pas le souhait d’enlever son enfant pour nuire à sa santé ou à sa maman.

D’ailleurs sa mère nous indiquait qu’elle comprenait le geste du père de Tizio et que cette maman savait que ce geste était un geste d’amour pour ce papa.Ce papa, avait déjà perdu un autre enfant il y a un an.

Radio Capitole vous produit l’interview effectuée par nos confrères du Parisien :

Pourquoi avoir enlevé votre fils ?

Brendan G. Tizio était en souffrance ce jour-là. Il pleurait, hurlait, il n’avait pas mangé. Il souffrait pour rien. Les médecins avaient prévu de faire un examen IRM et il n’était pas possible de lui donner à manger dans l’attente de cette consultation. Puis ils se sont ravisés me disant que l’examen était finalement inutile. A midi, j’ai pris la décision de partir avec lui. Je suis resté avec lui dans la chambre jusque dans la soirée. Je me suis posé plein de questions. J’ai pété un câble. C’est vrai, je le reconnais.

Mais à quoi avez-vous pensé ?

Je me suis dit qu’il serait bien mieux auprès de moi qu’à l’hôpital. J’avais faussement cette impression que l’hôpital n’était pas le meilleur endroit pour lui. Cela faisait deux mois qu’il y séjournait. Mais quand on est parti tous les deux, j’ai toujours pris soin de lui. Il est mon fils. Nous avons un lien fusionnel. C’était un pur geste d’amour. J’ai essayé au mieux de remplacer l’hôpital. J’ai même pris les sondes pour nettoyer ses voies respiratoires car de nombreuses sécrétions peuvent les obstruer. J’ai pris aussi le temps de le masser. Je me suis toujours occupé de lui. Il n’a jamais été négligé.

Estimez-vous l’avoir mis en danger ?

Je savais que c’était risqué. Mais pour moi, à ce moment-là, il était encore plus en danger à l’hôpital. Ma présence lui faisait du bien. Il était plus calme. Le fait que je sois avec Tizio lui était bénéfique, ça se voyait. Je suis rentré chez moi en Ariège prendre tout le nécessaire utile et j’ai pris la direction de notre maison de famille dans l’Aude. Pendant tout le voyage, je me suis occupé de mon fils et j’ai vérifié son état de santé tout en nettoyant ses voies respiratoires. A aucun moment, je n’ai été au courant de cette alerte enlèvement. Je suis allé chercher refuge dans une maison où il pouvait disposer de tout le confort pour un bébé comme lui.

Il y a un an, vous avez perdu un autre enfant dans des circonstances tragiques…

C’est encore difficile d’en parler. Nous n’avons pas encore fait le deuil de cet enfant disparu.

Comment assumez-vous votre acte ?

J’ai envie d’assumer. Quand je l’ai pris, c’était une véritable pulsion paternelle. Mon but était de le protéger et de l’aider au mieux. Je l’aime plus que tout. Même si aujourd’hui avec le recul, j’ai bien conscience que ce n’était sans doute pas la meilleure des solutions.

Comment va Tizio aujourd’hui ?

Je l’ai encore vu hier. Et j’irai aujourd’hui même lui rendre visite. Je peux y aller trois fois par semaine en présence d’une assistante sociale ou d’une psychologue. L’équipe médicale est plus présente. Sa maman s’en occupe aussi. Mais je reste persuadé que mon absence ne le fait pas avancer dans son état.

Source Le Parisien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.