Il est détenu au Havre et agresse sa belle-fille.

 

Justice. Le prisonnier qui purgeait une peine criminelle pour viols a caressé la poitrine de la compagne de son fils. Dans l’unité de vie familiale, il s’est aussi masturbé devant elle.

Le procureur le répète à trois reprises au cours de ses réquisitions. Bruno Petit, 58 ans, « n’a aucune limite ». Il était incarcéré à Saint-Aubin-Routot afin de purger une peine de vingt ans prononcée par la cour d’assises de Seine-Maritime, pour viols aggravés. Et, il a agressé sexuellement sa belle-fille venue lui rendre visite en prison et s’est exhibé devant elle. « Aucune limite, malgré une incarcération et une réincarcération. » Une première fois, le détenu originaire du Pas-de-Calais est libéré en 2012. Mais ses crédits de réduction de peine lui sont retirés. Cela lui vaut une réincarcération jusqu’à ces dernières semaines.

Aujourd’hui, l’homme de petite taille comparaît libre à la barre qu’il saisit avec toute l’envergure de ses bras. Le président lui rappelle que le 17 mars dernier à l’unité de vie familiale de la prison il « tripote les seins » de l’amie de son fils. « Un seul sein », rectifie Bruno Petit. Le président entend cette précision. « C’était pour s’amuser », sourit le prévenu. À l’audience, la victime fond en larmes.

Une personne « fruste »

Le même jour, le détenu prend une douche. Il se présente ensuite nu devant sa belle-fille et se masturbe. En garde à vue, il affirme avoir pensé que le couple sous curatelle en était « au même stade de préliminaires ». Avant de revenir sur ses déclarations. Par la suite, il mentionne qu’on lui a reproché de « ne pas avoir de couilles ». De la sorte, « vous auriez voulu prouver le contraire ; vous avez pris l’expression au sens premier ! C’est quoi l’histoire ? La vraie. Je ne peux pas vous dire. Moi, je n’y étais pas », s’exaspère le juge. « Il faut lui tirer les vers du nez. L’expert dit qu’il faut le guider. Il répond à mesure de ses capacités », défend Me Célia Lacaisse.

Au cours des débats, le président rappelle que « le rapport de l’expert-psychiatre est très mauvais ». Il évoque une personne « fruste », mais surtout « aux conduites sexuelles perverses ».

Durant les deux jours qui suivent l’agression et l’exhibition sexuelles, le couple demeure avec le père et beau-père à l’unité de vie familiale. Ils n’osent pas partir. « Pourquoi madame a peur de vous ? », veut savoir le président. Silence interminable du prévenu. Alors, Me Richard Fiquet qui assiste la femme répond : « Monsieur est quelqu’un de violent, qui agresse, qui n’a pas de barrière, qui fait peur. Ses réponses et ses silences à la barre font d’autant plus peur ».

Il a purgé dix-neuf années de sa peine criminelle. Et, le parquet souhaite le renvoyer trois ans en prison. Un mandat de dépôt est sollicité. Il est délivré par les juges. Toutefois, ils ne prononcent que deux ans de prison, dont une seule année ferme. Venu à l’audience avec un sac plein de vêtements et d’autres effets personnels, Bruno Petit repart menottes aux poignets, en direction de la maison d’arrêt.

 

 Normandie.fr Normandie.fr Matthias Chaventré

 

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