Maison de l’horreur en Californie : un aperçu du terrifiant quotidien des enfants Turpin

« De la dépravation humaine », résume le procureur. Cinq jours après la découverte de la maison de l’horreur à Perris (Californie), le procureur du comté de Riverside a délivré à la presse les premiers détails du quotidien des 13 enfants Turpin, séquestrés par Louise et David, leurs parents.

Dimanche dernier, une adolescente de 17 ans, selon « un plan préparé depuis deux ans », sort par l’une des fenêtres de cette maison cossue de Perris. Elle emmène avec elle l’un de ses frères et sœurs mais ce dernier fait demi-tour. L’adolescente ne se débine pas, elle court prévenir la police et rend enfin la liberté à sa fratrie séquestrée depuis plusieurs années dans leur maison.

Alors que la police frappe à la porte de la demeure ce dimanche de janvier, Louise et David Turpin, 49 et 57 ans, s’empressent de détacher de leurs lits deux de leurs enfants. Les agents délivreront une troisième victime, un garçon de 22 ans, lui aussi enchaîné à un meuble, relate le procureur Michael Hestrin.

Parfois « battus et étranglés »

 

Ce serait une pratique régulière chez les Turpin. Les victimes, âgées de 2 à 29 ans, ont expliqué aux enquêteurs que leurs parents les entravaient pour les punir. « Au départ, ils utilisaient des cordes mais quand l’un d’entre eux a réussi à s’échapper, ils sont passés aux chaînes et aux cadenas ». Selon les témoignages des enfants, la punition pouvait durer des semaines, voire des mois. Toujours selon Michael Hestrin, les enfants n’étaient pas détachés pour aller aux toilettes, ce qui explique l’odeur décrite par les enquêteurs dans les pièces de la villa. D’autant que, toujours selon les enfants, la douche n’était autorisée qu’une fois par an. Pas plus.

Les raisons de ces punitions dignes d’un Charles Dickens ? Un exemple, ont rapporté les enfants : si l’un d’entre eux était surpris à se laver les mains au-dessus des poignets, il était accusé de jouer avec l’eau et puni. Parfois, les enfants étaient « battus et étranglés ».

Selon Michael Hestrin, le procureur, la famille avait développé un rythme de vie nocturne. « Tous ces individus sont debout toute la nuit. Ils se couchent à 4 heures du matin et dorment toute la journée », décrit-il.

Les enfants nargués avec des pâtisseries et des jouets

 

Pour les repas, les parents Turpin, qui ne manquaient pas d’argent, avaient établi un planning strict : les enfants ne mangeaient qu’une fois par jour. « Les parents achetaient de la nourriture, des tartes aux pommes, au potiron, laissaient les enfants les regarder, mais jamais en manger. » Douze des enfants souffrent ainsi de malnutrition.

« L’un d’entre eux, âgé de 12 ans, faisait le poids d’un enfant de 7 ans », déplore Michael Hestrin. Sans que l’on sache pourquoi, le benjamin de la fratrie, âgé de 2 ans, était épargné, il « avait assez à manger ».

Concernant les soins, pas question de consulter. Ces dernières années, « aucun d’entre eux n’a vu un médecin ou un docteur », selon le procureur du comté de Riverside.

Quant à l’éducation, elle était quasiment absente. Ces enfants, supposés être scolarisés à domicile, souffrent d’importantes lacunes, et de « troubles cognitifs ». « L’adolescente de 17 ans ne savait pas ce qu’étaient des médicaments, ou des pilules » et « il est possible qu’ils ne savaient pas ce qu’étaient des policiers » quand ils en ont rencontrés dimanche, raconte Michael Hestrin. L’un des aînés serait bien allé à l’école pendant un temps. Sa mère, Louise Turpin, l’emmenait en classe, l’attendait à la sortie et le ramenait à la maison.

Des centaines de journaux rédigés par les enfants

 

Même si selon les enquêteurs, beaucoup de jouets se trouvaient dans la maison familiale, tous étaient restés dans leur emballage. Toutefois, les enfants avaient la possibilité d’écrire dans des cahiers. Les enquêteurs en ont découverts des centaines « qui constituent des preuves accablantes », assure Michael Hestrin.

Pour avoir fait vivre l’enfer à leurs enfants pendant un nombre encore inconnu d’années, David et Louise Turpin ont été mis en examen pour torture, mauvais traitements envers des adultes dépendants et séquestration. Comble de l’horreur, David Turpin a été inculpé pour « comportement douteux », il aurait en effet « touché » certains des enfants, selon le procureur. Les Turpin risquent une peine allant de 94 ans à la prison à vie.

Source Le Parisien

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