INFANTICIDE : Elle Jette son nouveau né dans un camion d’ordure.

Divorcée et mère de deux enfants, Aïssata Bâ a contacté une grossesse des œuvres de son copain. De peur d’être la risée de sa famille et du quartier, elle a tué son bébé. Toutefois, à la barre de la chambre criminelle, elle a soutenu que l’enfant était un mort-né. Le procureur a requis contre elle 20 ans de travaux forcés. Le verdict sera rendu le 6 février prochain.

20 ans de travaux forcés, c’est la peine qu’encourt Aïssata Bâ. Elle a comparu, hier, à la barre de la chambre criminelle de Dakar pour infanticide. Il ressort des débats d’audience que les éléments du commissariat de la Médina ont reçu un appel d’une personne préférant garder l’anonymat, les informant qu’une femme aurait accouchée et aurait également dissimulée l’enfant. Sur ces entrefaites, les éléments enquêteurs se sont transportés aussitôt au domicile de la mise en cause où ils l’ont trouvée en train de laver ses habits qui étaient tachetés de sang. Entendue à l’enquête, Aïssata Bâ a soutenu avoir accouché d’une grossesse arrivée à terme. Et que dans la nuit du 22 au 23 septembre 2012, alors que sa mère était partie en Guinée Conakry, elle est entrée seule dans la chambre et a accouché d’un nouveau-né. Devant le magistrat instructeur, elle a carrément changé de version en soutenant qu’elle a accouché au terme de 6 mois de grossesse et que l’enfant était un mort-né. C’est dans ces circonstances qu’elle a été inculpée d’infanticide. A la barre, elle a reconnu avoir accouché seule, sans assistance. Par la suite, elle a enveloppé le nouveau-né dans des draps avant de le déposer dans le véhicule de ramassage des ordures. Toutefois, elle a précisé qu’elle a eu le bébé après 6 mois de grossesse.

« Le bébé était un mort-né et sous le coup de la peur et de la honte, je ne pouvais pas dire ça à mes voisins ni à ma famille. Je l’ai mis dans un morceau de tissu avant de le jeter à la poubelle.

L’accusée est divorcée 4 ans avant les faits

Personne n’était au courant de ma grossesse. Je ne voulais pas que ma maman et mes frères soient au courant », a-t-elle déclaré à la barre. Pour sa part, le maître des poursuites a indiqué que ce qui est constant, c’est que cette dame est divorcée et que 4 ans après, elle a contacté une grossesse dont l’auteur est son copain. « Cette grossesse, elle l’a cachée à sa famille. Elle n’a pas fait de visites prénatales. Sans l’aide ni l’assistance de personne, elle s’est également enfermée toute seule dans la chambre de sa mère pour accoucher », a dit le parquetier.

Avant d’ajouter : « tout laisse à croire que c’est un plan qui a été muri par l’accusée. Et c’est une grossesse non désirée. On peut cacher une grossesse sans se faire remarquer, mais on ne peut pas accoucher et détruire une vie sans se faire remarquer. Elle a attenté à la vie du nouveau-né en le jetant dans le véhicule d’ordures ».

Sur ce, le maître des poursuites a demandé à la chambre de la déclarer coupable et de la condamner 20 ans de travaux forcés. Quant à la défense, elle renseigne qu’il n’y a pas eu de certificat de genre de mort. Il n’y a pas eu autopsie dans cette affaire et tout est basé sur la supposition. « Elle est issue d’une famille Peulh et en tant que femme divorcée, elle se sentirait gênée d’être enceinte hors mariage. Par ailleurs, elle ne pouvait pas prévoir que sa mère et sa sœur seraient absentes des lieux au moment de son accouchement. Personne ne peut apporter la preuve que l’enfant était né à terme », martelé la robe noire qui a demandé son acquittement. L’accusée connaîtra son sort le 6 février prochain.

Source RD

 

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