Bouches-du-Rhône : L’auxiliaire de puériculture jugé pour agressions sexuelles sur mineurs

L’homme était jugé hier pour violences et agressions sexuelles sur mineurs. Les faits se sont déroulés en 2013, dans une crèche du village d’Alleins.

Un enfant qui pleure pour ne pas dormir. Une scène des plus banales pour toute personne ayant déjà connu le bonheur d’être parent. Une scène d’autant plus quotidienne pour les professionnels du milieu de la puériculture, habitués à devoir gérer ce type de situation. Ce ne fut pas le cas de Christophe, auxiliaire de puériculture âgé à l’époque de 31 ans, le 16 avril 2013. Au détour d’une porte entrouverte, l’une de ses collègues, interpellée par les pleurs d’un enfant âgé de 18 mois, va assister à une scène qu’elle qualifiera de « choquante ».

Au moment de la sieste aux alentours de 15h, rien ne calme Rudy (*), pas encore 2 ans, qui est connu pour avoir des problèmes d’endormissement. C’est alors que Christophe va assener une gifle que sa collègue va qualifier de « rapide et violente« . Elle référera de cette violence dans les jours qui suivent à sa supérieure, absente au moment des faits, qui aurait alors demandé « de ne parler de cette affaire à personne ». Les investigations menées par les enquêteurs révéleront qu’il y a bien eu une enquête interne à la crèche. « Avant divulgation de cet agissement, il était important que ce soit appréhendé en interne », expliquera la directrice de la crèche un peu plus tard aux enquêteurs. Quelques semaines vont passer avant que les parents du garçon en question ne soient alertés par l’employée ayant assisté à la scène. Une plainte est déposée à la gendarmerie le 30 mai 2013. L’affaire va prendre une autre tournure.

« J’ai pris son sourire comme une provocation »

L’homme, qui avait déjà dirigé des centres aérés et possédait une solide formation dans la petite enfance, est entendu. Il nie dans un premier temps les faits. Avant de reconnaître finalement avoir été dépassé par la situation et lui avoir « donné une petite gifle »« Il m’arrive de perdre mes moyens quand les enfants pleurent trop. J’ai mal interprété la réaction de l’enfant qui était tout sourire et semblait victorieux de ne pas dormir… J’ai pris sa réaction comme une provocation », va-t-il indiquer aux enquêteurs. Hier, à la barre du tribunal de Tarascon, il est revenu sur ses aveux et a de nouveau nié les faits, invoquant des « pressions policières » au cours de son audition. Sa collègue, consciente d’avoir dénoncé des faits graves, n’a quant à elle jamais changé sa version des faits. Une enquête auprès de ses collègues de travail va permettre de dresser le portrait d’un homme impulsif et manquant de maîtrise. « Des comportements non adaptés à la petite enfance », comme le fait remarquer la présidente du tribunal. Cette enquête a également permis de mettre à jour des agissements qui lui valaient de comparaître aussi pour des faits d’agression sexuelle sur mineur, hier.

C’est une cuisinière qui va parler de l’affaire dans un premier temps, avant d’être appuyée par une autre employée, la même ayant dénoncé les violences. « Au moment de la douche, il a frotté le sexe en érection d’enfants en bas âge avec un gant, tout en parlant avec un accent africain et en parlant de ‘branlette congolaise’ concernant un enfant qui était métisse« , expliqueront-elles. « Il ne se cachait pas, va détailler la cuisinière. Il y avait du monde autour qui rigolait, mais moi ça ne me faisait pas rire ».

Deux enfants de moins de deux ans à l’époque des faits étaient concernés par ces accusations. La mère de l’un des enfants a affirmé qu’à cette époque, son fils était en refus de la toilette, et qu’elle ne comprenait pas pourquoi. « Je n’ai jamais eu aucun problème dans ma carrière et là d’un coup on me traite de pédophile, lance l’accusé à la barre. Cette phrase, c’était juste une blague sur le moment pour amuser. C’était inapproprié mais sans intention perverse ou d’agression. » Il a été d’ailleurs relaxé hier des chefs d’accusation pour agression sexuelle mais déclaré coupable des faits de violence sur mineur. L’homme, dont le casier judiciaire était vierge, a été condamné à la peine de 6 mois de prison avec sursis.

Il n’a plus le droit d’exercer un métier en lien avec les enfants.

(*) Le prénom a été modifié.

Source La Provence 

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