Placée en détention provisoire pour délaissement d’enfants à la maison d’arrêt d’Agen en septembre dernier, la mère de Nawal, 11 ans, et sa sœur Inès, 13 ans, a rejoint sa cellule dans l’après-midi.

 Ce changement de cap dans l’enquête signifie que le magistrat instructeur dispose d’éléments susceptibles de laisser penser que cette femme de 50 ans a bien mis un terme à la vie de ses enfants.

Ines et Nawal étaient au moment de leur disparition en décembre 2016 polyhandicapées, depuis leur naissance. Leur état de santé nécessitait une prise en charge dans un établissement spécialisé à Tonneins. Elles rejoignaient la maison familiale de Nérac, à vingt kilomètres d’Agen, tous les soirs et y séjournaient le week-end.

Quels sont ces éléments ?

Il faut écarter les écoutes téléphoniques mises en place par les enquêteurs. Elles n’ont rien révélé de suspect dans les agissements de la mère. Il faut écarter aussi les déclarations de la suspecte car, depuis son placement en détention provisoire, elle est restée muette. Il faut alors retenir les éléments de police scientifique pendant 48 heures au domicile de la mère. Courant décembre, la juge d’instruction a reçu la confirmation que le sang retrouvé au sol de la chambre des deux filles était le leur. Selon des renseignements concordants, et à l’inverse de ce qui apparaissait être à l’automne, la quantité de sang retrouvé ne règle pas la question de l’homicide. Ces traces de sang peuvent provenir d’un simple accident domestique.

Où sont Inès et Nawal ?

La question reste entière puisque les recherches ont été interrompues peu après la mise en examen de leur mère pour délaissement d’enfants. Si elles sont vivantes, ont-elles pris la route d’un pays étranger ? Si elles sont mortes, où se trouvent les corps ? Dans ce dossier, d’autres interrogations demeurent, elles ne concernent pas le volet judiciaire.

Pour mémoire, il s’est déroulé pas moins de six mois entre le 7 décembre 2016, date à laquelle l’institut spécialisé signale leur disparition, et le 6 juin 2017, la date où la mère est placée une première fois en garde à vue. Un mois s’écoule avant qu’une information judiciaire ne soit ouverte à la mi-juillet pour délaissement de mineures, permettant alors des recherches plus précises, mais qui sont restées vaines.

Entre-temps, les déclarations de cette femme ont été vérifiées. Les enquêteurs affirment que toutes les vérifications ont été faites et que les deux ados ne se trouvaient pas au Maroc en mars dernier. Le 20 septembre, la mère est placée en garde à vue, ne dit rien et se mure dans le silence concernant la disparition, depuis 13 mois, de ses deux filles.

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