Les abus sexuels subis pendant l’enfance amplifient le risque d’endométriose

Des chercheurs américains ont mené une vaste étude sur les femmes atteintes d’endométriose. Celles qui ont subi des abus et/ou violences physiques ou sexuels pendant leur enfance ont plus de risque de souffrir de la maladie.

Une femme sur dix serait concernée par l’endométriose d’après l’association EndoFrance. Les raisons de l’apparition de cette maladie demeurent aujourd’hui mystérieuses. Cela pourrait être lié à la remontée de sang contenant de l’endomètre par les trompes pendant les règles, à une transformation anormale de certains tissus ou à des facteurs individuels. Les abus physiques et sexuels subis pendant l’enfance pourraient expliquer l’apparition de l’endométriose chez certaines femmes. C’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs américains et publiée dans la revue Human reproduction. 

L’endométriose se caractérise par des douleurs fortes pendant les règles, au fil du temps, les symptômes s’intensifient. Les femmes atteintes de la maladie ressentent souvent des douleurs pendant les rapports sexuels et 30 à 40% d’entre elles ont des problèmes de fertilité. 

Les traumatismes de l’enfance perdurent dans le temps 

Pour cette recherche, les scientifiques américains ont recueilli les données concernant 60 595 femmes entre 1989 et 2013. Les femmes victimes d’abus sévères ont un risque 79% plus élevé d’être atteintes d’endométriose. Il est 20% plus élevé pour les femmes ayant subi des sévices physiques et 49% plus élevé pour celles qui ont été victimes d’abus sexuels. 

Le Dr Holly Harris, principale auteure de l’étude, interprète ces résultats comme la preuve que les abus sexuels et physiques pendant l’enfance ont des conséquences néfastes sur la santé à long-terme. « Nous ne voulons pas que les gens pensent que si quelqu’un est atteint d’endométriose, c’est qu’il a été abusé. (…) Notre étude montre que les abus et l’endométriose sont tous les deux fréquents chez les femmes », souligne-t-elle. 

Les conséquences possibles du stress 

Les chercheurs doivent désormais mieux comprendre le lien entre ces abus et le risque d’endométriose. Cela pourrait être dû au stress lié à ces expériences traumatiques : il augmenterait la production d’hormones du stress et donc, le niveau d’inflammation. Cela favoriserait, à terme, l’apparition de certaines douleurs notamment pelviennes. Aujourd’hui, l’identification de ces douleurs et le diagnostic de l’endométriose prennent du temps. En moyenne, sept ans s’écoulent avant que la maladie ne soit diagnostiquée.

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