Narbonne :Un mère contrainte par la justice de renvoyé son petit garçon chez son père au Japon

Témoignage. La justice ordonne que Louis, 3 ans, retourne chez son père au Japon.

Marine Verhoeven, Salloise de 29 ans, est éreintée. Sidérée par l’option retenue par la justice française concernant le cas de son enfant de trois ans, le petit Louis (se rapporter à notre édition du 3 mars 2018). Dans un arrêt, en date du 12 juillet 2018, la cour d’Appel de Montpellier a confirmé la décision du juge aux affaires familiales, qui, le 8 février dernier, avait ordonné le retour de son fils au Japon, à Tokyo, où le garçonnet est né, et vivait jusqu’à l’été 2017, et où habite le père.

M’enfuir avec mon fils ne servirait à rien

Le problème, c’est que Marine, défendu par Me Régine Escande-Ruffio, refuse catégoriquement de remettre un pied au pays du soleil levant. Par peur de ce qui pourrait lui arriver. Celui à qui elle est toujours mariée, manifestement lui fait peur… Lorsque la justice aura officiellement notifié la décision au père de l’enfant, ce dernier sera fondé à venir chercher Louis à Salles-d’Aude. « J’ai évidemment pensé à prendre Louis et m’enfuir. C’est humain. Je suis une maman. Je suis mortifiée à l’idée d’être séparée de mon petit garçon, mais la fuite ne servirait à rien, ce serait pire encore ! Alors, je confierai Louis à son père, comme le juge me le demande », se lamente, fataliste, Marine, aux côtés de sa mère Viviane, qui la soutient et se dévoue pour l’aider dans ses multiples démarches. Son histoire ? Marine se marie à Toulouse en 2008 à un Japonais. Quelques mois plus tard, le couple s’installe à Tokyo. En 2015, naît Louis. En juillet dernier, Marine quitte le Japon, avec son garçonnet, pour retrouver ses parents à Salles-d’Aude, dans le Narbonnais, à l’occasion des vacances d’été. « À ce moment-là, je n’avais pas l’intention de rester dans l’Hexagone. Je n’y pensais pas une seconde… », promet-elle.

Il m’a jeté dans l’escalier

Pourtant, en septembre, elle informe son époux de sa volonté de s’établir en France, avec Louis, et dépose une requête en divorce. Le 20 novembre 2017, l’autorité centrale du Japon met en œuvre la convention de La Haye portant sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants pour qu’une décision ordonnant le retour du mineur soit rendue. Aujourd’hui, Marine Verhoeven est toujours mariée et dans l’obligation de restituer l’enfant au papa. « Entre nous, ça n’allait plus depuis quelques années… À Tokyo, je me sentais isolée, sans amis quasiment, harcelée par ma belle-mère, abandonnée par mon mari, qui évolue dans le milieu des arts au Japon… Il ne s’occupait pas du tout de Louis… J’ai été victime de violences verbales de sa part, il m’a humiliée. Et c’est en 2016 qu’il s’en est pris à moi physiquement… Il m’a jetée dans l’escalier, une autre fois m’a étranglée*. À Salles-d’Aude, j’ai consulté un médecin, qui a décelé, chez moi, un syndrome anxio-dépressif, nécessitant une prise en charge. J’ai ouvert les yeux sur mon insupportable condition au Japon », raconte Marine.

La justice me dit que ce n’est pas son problème

Les conclusions de la cour d’appel, elle ne les digère vraiment pas : « Le juge n’a tenu compte d’aucun de mes arguments. Ni des preuves que j’apportais pourtant des violences que j’ai subies. On nie tous mes droits. On sacrifie la mère que je suis sur l’autel des intérêts diplomatiques de la France, on ne veut surtout pas créer de jurisprudence avec mon cas… Au Japon, je suis coupable, en France aussi apparemment. Le procureur de la République a même été jusqu’à dire que mon problème n’était pas celui de la France, que je n’étais même plus française. Bref, la justice s’en lave les mains… »

On me sacrifie sur l’autel de la diplomatie

Marine Verhoeven vit un cauchemar : « La justice me dit de retourner au Japon avec mon garçon, mais là-bas, on me considère comme une délinquante parce qu’on considère que j’ai soustrait Louis à mon époux. Là-bas, mon mari me fera enfermer, et même si j’arrive à divorcer, au Japon, le droit de visite n’existe pas, ni la garde alternée. C’est une société archaïque. » La suite ? « Je vais me pourvoir en cassation, mais la procédure n’est pas suspensive. Je vais réécrire au Président Macron, au Premier Ministre Philippe, au ministère de la Justice… » Mais pour Marine, l’espoir est mince.

*Le TGI de Montpellier avait considéré que « les violences conjugales alléguées sont insuffisamment démontrées » et la cour d’Appel stipule que Marine Verhoeven n’a jamais établi la matérialité des faits.

D’après l’indépendant

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