Affaire Daval : Jonathann Daval aux multiples versions, un volte-face terrible !

Le 28 octobre dernier alors que les premières battues étaient lancées pour retrouver Alexia Daval, dont la disparition avait été signalée par son mari Jonathann, il était impossible d’imaginer le millefeuille judiciaire et médiatique qui se dessinait.

Fin janvier, lorsque l’époux éploré avait fini par craquer, avouant le meurtre « par accident », on pensait même l’enquête close. À l’exception de la calcination du corps, niée par l’intéressé.

Pourtant, le 27 juin, Jonathann Daval est revenu sur ses déclarations accusant son beau-frère d’avoir commis l’irréparable, et belle-famille d’avoir conclu un pacte de silence. Selon des sources proches du dossier, la parole de Daval semble avoir perdu de sa légitimité. Surtout, aucune de ses versions – que nous livrons ci-dessous  – ne correspond aux constatations médico-légales effectuées sur le corps.

Le jogging fantôme

28 octobre 2017. Jonathann signale la disparition d’Alexia. Il explique aux gendarmes qu’elle est partie courir. Il se confie aussi sur les soucis du couple, le traitement que prenait Alexia pour ses difficultés à tomber enceinte, ainsi que les « crises » que cela provoquait parfois chez elle. Si, selon lui, une de ses crises a eu lieu le vendredi matin, expliquant les lésions visibles sur ses bras, la soirée raclette chez les parents d’Alexia a été calme. « Le lendemain, on a petit-déjeuné ensemble. » Puis, il raconte avoir vu sa femme partir courir. Lui est vu partout à Gray, puis faisant mine de chercher son épouse, avec son beau-frère Grégory Gay. Il envoie plusieurs textos à sa femme, pourtant déjà déposée, morte, dans une forêt.

Les aveux en larmes

30 janvier 2018 : coup de tonnerre. Jonathann avoue le meurtre de son épouse. « Ce n’était pas volontaire. Elle a eu une crise, j’ai voulu faire comme d’habitude, la serrer fort dans mes bras pour qu’elle ne me frappe pas et là, c’était vraiment très fort. Je l’ai mise sur le lit et maintenue contre moi, et sans le vouloir, je l’ai étouffée. » Il décrit la suite : « Je l’ai recouverte d’un drap et je l’ai déplacée le matin au réveil. » Dans la voiture. « Je savais qu’il y avait un tracker, mais je m’en foutais. J’ai tourné dans ce bois à l’improviste. » Où il a déposé le corps. Le SMS envoyé depuis le portable d’Alexia à sa sœur à 9 h 13 ? « C’est moi qui l’ai rédigé. » Il renouvellera ces aveux le 9 mars dans le bureau du juge.

Le pacte familial

27 juin 2018. Nouveau rebondissement. Entendu à sa demande, il livre alors au juge une tout autre version. Le drame se noue cette fois au domicile des parents lors de la soirée raclette. Alexia pique une « crise d’hystérie ». Elle devient « incontrôlable ». Grégory Gay, le mari de la sœur, intervient. Des « cris » résonnent. Puis plus rien. L’homme avoue avoir étranglé Alexia alors qu’il tentait de la calmer selon le récit de Jonathann. Tous les scénarios sont envisagés par la famille. Un pacte est scellé : on garde le silence. On invente cette histoire de footing. Dans cette version, Jonathann nie toujours avoir tenté de brûler la dépouille.

Autopsie : « des coups violents »

Le rapport d’expertise estime à « 30 % » la surface de la peau touchée par la carbonisation. Le médecin légiste a, par ailleurs, constaté « des signes qui témoignent de coups multiples et violents portés au visage et au cuir chevelu, du vivant de cette dernière », mais aucune « lésion de défense » sur les bras. L’autopsie révèle également « de multiples lésions dans la région dorso-lombaire et sacrée », compatibles avec « plusieurs coups violents » portés dans le dos, ou avec « une lutte au sol », ou « un plaquage violent au sol ».

La présence de tâches de Tardieu sur les poumons ne laisse pas de place au doute quant à la cause de la mort : asphyxie mécanique. « Les lésions relevées sur le cou ont permis de retenir l’hypothèse d’« une strangulation manuelle ».

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