La mère du petit Valentin tué de 44 coups de couteau se confie dans un témoignage bouleversant

Dans la nuit du 28 au 29 juillet 2008, Valentin, petit garçon de 11 ans de Porcieu-Amblagnieu (Isère), était massacré de 44 coups de couteau dans une ruelle de Lagnieu (Ain). Dix ans plus tard, sa mère se confie au « Dauphiné Libéré ».

« Chaque jour qui passe me rapproche de Valentin, de son papa… Ils vivent dans mes pensées, tout ce que je peux regarder, contempler avec mes yeux, c’est pour eux. » Voilà dix ans que Véronique Crémault, maman de Valentin et veuve depuis peu, tente tant bien que mal de surmonter les épreuves, de survivre. « Dix ans déjà, alors que j’ai l’impression que c’était hier. Ne pas voir grandir Valentin me reste insupportable… », lâche, entre deux sanglots, une maman dévastée par cette douleur qui s’est imposée à l’été 2008, pour toujours. « Perdre son enfant, c’est perdre la moitié de soi-même ». Le 5 septembre prochain, Valentin aurait dû fêter ses 21 ans, lui qui est tombé sous les 44 coups de couteau de son bourreau à la veille de ses 11 ans. « Quand je croise ses amis d’enfance, qui sont devenus des hommes, qui sortent avec leurs petites copines, c’est insoutenable. Valentin avait lui aussi le droit de grandir ».

A Porcieu-Amblagnieu, rue de la Fontaine Blanche, le temps n’a pas de prise. Le pavillon familial est resté comme figé en ce tragique été de 2008. Véronique confie « ses fragilités » de tous les jours, « même si par moments, c’est plus doux »… « Mais il suffit d’un mot, parfois d’une musique, pour que j’entende les rires de mon Valentin. Ça vous frappe en plein cœur, c’est terriblement viscéral ».

Les deux mères restent en contact

Poursuivant un long travail d’analyse, de reconstruction, Véronique a choisi de vivre avec le passé de son petit bonhomme. « Sa chambre est restée intacte, c’est mon mausolée. Seule la poussière me rappelle les années qui passent. Son cartable est là, ses chaussures aussi. Je touche tout ce qu’il a touché, pour me sentir plus près encore de lui ».

Véronique éprouve également de la compassion à l’égard de Chantal, la mère du meurtrier de son fils. Et les deux femmes correspondent régulièrement. « Chantal éprouve de la culpabilité, mais cette femme n’y est pour rien dans ce qui est arrivé. C’est une mère comme une autre ». Une autre maman occupe également ses pensées depuis l’été 2017 : Jennifer, la mère de Maëlys tuée à 50 km de Porcieu-Amblagnieu. « Je veux lui dire, à elle et à son mari, que chaque jour est difficile mais il faut s’efforcer à trouver une motivation pour avancer, tendre la main. J’aimerais beaucoup les rencontrer. Et leur dire que malgré tout ce qu’on peut recevoir comme témoignage, comme soutien, on se retrouve seul face à soit même, face à son histoire ».

Une solitude d’autant plus grande depuis le décès de son mari, il y a quelques mois. « Je me sens très seule depuis. Jean-Pierre est parti lui aussi. De chagrin, d’épuisement… J’espérais pouvoir compter encore longtemps sur lui. Mais la vie est ainsi faite ». Pour ce douloureux anniversaire, le couple avait prévu un lâcher de ballons blancs. « Quand on se retrouve veuve, tout devient compliqué… Alors je vais faire plus intime ».

Ce soir, Véronique sera entourée d’une poignée d’amis. Pour « un joli recueillement, à la tombée de la nuit, avec des bougies. C’est tellement symbolique la tombée de la nuit ».

Source DL 

1 thought on “La mère du petit Valentin tué de 44 coups de couteau se confie dans un témoignage bouleversant

  1. En effet, je pense que de perdre un enfant est perdre une partie de soi, d’autant plus lorsque c’est un crime d’une telle barbarie qui l’a emporté..

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