Montpellier : le restaurateur avait été contraint de stopper sa grève alimentaire : Son témoignage sur Radio Capitole

Le restaurateur de l’enseigne ayant pignon sur rue de La Chichoumeille au Millénaire, en limite des communes de Montpellier et de Castelnau-le-Lez, Arnaud Verdoux qui avait entamé une grève alimentaire, jeudi matin a été contraint de tout stopper, après que les autorités l’aient informé qu’il saisirait de force sa voiture pour la mettre en fourrière…
 
Comme Métropolitain l’a révélé , Arnaud Verdoux avait commencé une grève de la faim et de la soif, à bord de son véhicule en stationnement près du domicile de son ex-concubine à Gourdon, dans le Lot, pour protester contre un jugement rendu le 18 juin dernier par le juge des affaires familiales -JAF- du tribunal de grande instance de Cahors, dans le Lot, lui accordant la garde exclusive de sa fille âgée de 9 ans.
 
Une lettre ouverte sur son profil Facebook résumant son calvaire : 
 
 
 

Sous-préfet, gendarmes, maire et médecin

« Je suis resté 45 heures sans manger et 25 heures sans boire, sous des températures caniculaires dans ma voiture. J’étais garé près de la maison où devait se trouver ma fille. J’ai reçu la visite du sous-préfet du Lot, des gendarmes à deux reprises, du maire de Gourdin, d’un médecin et de mon avocat. À croire qu’ils avaient tous lus Métropolitain. Le sous-préfet et les gendarmes ont été très clairs, ils m’ont fait comprendre qu’ils viendraient me tirer de force de l’intérieur de ma voiture pour la mettre en fourrière et pour me faire hospitaliser dans un hôpital psychiatrique. J’ai été contraint de stopper mon action », révèle Arnaud Verdoux.
 
Sur une des banderoles déployées sur sa voiture, on pouvait lire ce message : « Garde Papa Enfant = même combat, Justice sourde ». C’est à Gourdon, dans le Lot où il possède une de ses deux résidences que ce père de famille s’était installé avec deux grandes banderoles annonçant la couleur, pour attirer l’attention des magistrats et de la population sur son sort. Le 18 juin, le JAF de Cahors a attribué l’autorité seule à la mère de la fille du couple qui n’est pas marié et qui est séparé depuis huit ans. Certes, le restaurateur, âgé de 45 ans a un droit d’accueil, notamment durant la totalité des vacances, sauf l’été, où il sera partagé de moitié.
 

Père anéanti

Arnaud Verdoux est désespéré et anéanti depuis que ce jugement a été rendu. Il évoque la machine judiciaire, terrible pour les pères, systématiquement privés de leurs enfants au profit des mères : « En huit ans de procédure, je n’ai rencontré le juge que neuf fois. Je n’ai plus vu ma fille depuis trois mois. Nous sommes séparés depuis ses 17 mois. Je suis accusé de tout, sauf et heureusement, d’inceste. Ce sont de faux témoignages, mais personne ne me croit. Depuis trois ans, nous étions en garde alternée, mais la mère de ma fille a tout fait pour qu’on me retire sa garde. Elle a réussi ».
 
Pour être le plus souvent avec sa fille, le restaurateur fait des sacrifices : « J’ai deux maisons, l’une à Montpellier, l’autre à Gourdon. Quand je vais dans le Lot pour voir ma fille, où elle est scolarisée, je laisse mon activité professionnelle en stand by, j’ai 20 salariés, ainsi que ma vie privée. tous les frais de déplacements sont à ma charge. J’effectue 3 200 km par mois pour être avec elle ».
 

Pourquoi le père s’est désolidarisé de la procédure

Du côté de la mère de la fillette, la version est la suivante : l’enquête sociale ordonnée par le JAF atteste qu’il y a une mésentente très forte des parents qui perdure. Le 9 avril dernier, le juge nous a reçus pour nous donner les conclusions de l’enquête sociale. À l’issue de cette audience, le père a déclaré qu’il se désolidarisait de la procédure.
 
Arnaud Verdoux s’explique sur cette position : « Ce 9 avril, après nous avoir entendus, ainsi que les avocats, j’ai clôturé les débats dans le bureau du JAF dans les termes suivants : M.le juge, je souhaite me désolidariser de toute cette histoire et je vous demande de m’enlever l’autorité parentale et la garde alternée avec un effet immédiat. Et sur de, je suis parti avant le terme de l’audience. Cette prise de décision fait suite au débat avec la mère de la fillette qui continue à vouloir arrêter cette garde alternée en dépit des dires de notre fille à l’enquêtrice sociale. Elle y ajoute bien entendu que je manipule ma fille et émet des doutes sur les conclusions de cette enquête. Conséquence j’ai décide de faire cela en rompant tous les liens avec ma fille, malheureusement pour elle et pour moi, afin de provoquer une réaction de toutes les parties, y compris celle de ma fille consentante. Nous allons donc être séparés pendant un mois et demi ».
 

Faire entendre la voix de sa fille

Ce papa montpelliérain a donc décidé d’entamer ce jeudi une grève de la faim et de la soif, en ces journées estivales caniculaires, avec comme objectif, « de faire accélérer le processus, pour que cette période soit la moins traumatisante pour ma fille. Mon seul but est de faire entendre la voix de ma fille sur ce qu’elle souhaite et de clore définitivement ce sujet qui n’a que trop durer ». Ce mercredi soir, Arnaud Verdoux va prendre la route du Lot, depuis Montpellier pour cette action illimitée.
 
Avant sa grève alimentaire, le restaurateur de La Chichoumeille a alerté deux élus, Patricia Mirallès, députée de l’Hérault et Philippe Latombe, député de Vendée sur les décisions des juges des affaires familiales, pratiquement toujours favorables aux mères. Réponse des députés : « La proposition de loi relative à la résidence de l’enfant en cas de séparation a commencé à être débattue, récemment. Or, pour des questions d’horaires les discussions n’ont pas être achevées. Il y a aura bien sûr une suite, mais nous ignorons laquelle pour le moment. Une décision devrait être prise prochainement lors de la Conférence des présidents. Depuis plusieurs semaines nous recevons beaucoup de témoignages de pères ayant de nombreuses similitudes avec votre dossier ».
 
Arnaud Verdoux reste très attentif à la suite qui sera donnée à cette proposition de loi. En attendant, il a stoppé son action et il est revenu à Montpellier. Bien que brève, sa grève alimentaire a incontestablement retenu l’attention. Si la justice persiste à rester sourde, le restaurateur montpelliérain a déjà pris sa décision : il refera parler de lui.
 

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