Argentine : Le “Momo challenge”, jeu populaire sur WhatsApp à l’origine du suicide d’une fillette de 12 ans ?

Depuis quelques temps, le “Momo challenge”, un jeu de défis dont les adolescents en mal d’adrénaline sont adeptes, fait des ravages. Mais en quoi consiste t-il ? Un fait divers survenu près de Buenos Aires prouve que ses conséquences peuvent être fatales.

Avec les nouveaux réseaux sociaux, les phénomènes de mode et les tendances chez les adolescents se sont multipliés, donnant parfois naissance à des pratiques toxiques et dangereuses.

C’est le cas du “Momo challenge“, un défi hérité de l’imaginaire de certains films d’horreur visant à manipuler à distance les jeunes participants afin qu’ils fassent ce que leur ordonne leur interlocuteur, quitte à tenter le pire.

LES PARTICIPANTS CONTACTENT MOMO DE LEUR PLEIN GRÉ

Ce « jeu » est apparu sur le service de messagerie instantanée WhatsApp et fait des ravages chez les plus jeunes. Pour y participer, il suffit d’ajouter un numéro sur sa messagerie en ligne et de contacter un certain Momo. Vous recevrez alors un premier message, « Bonjour, je suis Momo, veux-tu jouer avec moi ? », lequel se veut aussi intriguant qu’effrayant. Suivront de nombreuses instructions envoyées par le mystérieux correspondant, utilisant une photo à l’effigie d’un visage terrifiant, aux yeux exorbités et au sourire démesuré.

“MOTHER BIRD”, UNE OEUVRE DÉVOYÉE POUR EFFRAYER LES ADOLESCENTS

Cette dernière est en réalité tirée d’une œuvre attribuée à l’artiste japonais Midori Hayashi, adepte des sculptures de chimères et de créatures hybrides quelques peu déstabilisantes. Mais sur son compte Instagramle plasticien nie être à l’origine de la fameuse sculpture nommée « Mother Bird » en référence aux pattes d’oiseau sur lesquelles repose le buste.

Argentine : Le "Momo challenge", jeu populaire sur WhatsApp à l'origine du suicide d'une fillette de 12 ans ?

“Mother Bird”, la sculpture utilisée par le “Momo challenge” (© Link Factory Pictures)

Ce dernier indique qu’il s’agit en réalité d’une création de Link Factory Pictures, une société japonaise spécialisée dans la conception d’effets spéciaux. La photo est donc utilisée l’insu de la compagnie par l’anonyme qui se cache derrière le pseudonyme, populaire chez les adolescents.

DES DÉFIS INTRUSIFS ALLANT JUSQU’AU SUICIDE

Le personnage de Momo entend être omnipotent et tout connaître de la vie des joueurs, les menaçant de leur rendre visite en les localisant, ou de publier des informations indiscrètes collectées sur leurs réseaux s’ils n’exécutent pas ses demandes. D’abord anodines, ses requêtes deviennent de plus en plus sérieuses jusqu’à atteindre un seuil malsain et dangereux. Le 50ème challenge étant le suicide.

Dans la ville d’Ingeniero Maschwitz, située à 45 kilomètres de Buenos Aires en Argentineune fillette de 12 ans a ainsi étéretrouvée pendue à un arbre de son jardin. La découverte macabre faite par ses parents s’est accompagnée d’une information divulguée par ses camarades de classe, qui affirment que la jeune victime participait depuis plusieurs semaines au « Momo Challenge ». Selon le Buenos Aires Times, l’adolescente a filmé son acte avec son téléphone portable.

UN JEUNE HOMME DE 18 ANS SUSPECTÉ

Signalé comme dangereux dans plusieurs pays, dont la France et les États-Unis, chacun s’interroge sur l’origine de ce phénomène et l’identité de celui ou de ceux qui se font appeler « Momo ». S’agit-il d’un robot, d’un programme orchestré par des hackers ou d’individus isolés ? Le Times national rapporte que l’enquête sur le suicide de la jeune fille se poursuit et qu’un jeune homme de 18 ans, impossible à localiser, est suspecté d’être responsable de sa mort tragique.

UN ÉMULE DU “BLUE WHALE CHALLENGE”

Le « Momo challenge » rappelle le « blue whale challenge » (le jeu de la baleine bleue), popularisé sur un réseau social russe, qui consiste en une série de défis similaires, allant jusqu’au suicide. Nommé en référence à la capacité des cétacés de se donner la mort en venant s’échouer de manière intentionnelle sur les plages, ce jeu invite des jeunes âgés de 12 à 16 ans à relever 50 défis lancés via leur messagerie, qu’ils doivent accomplir sur une durée de cinquante jours.

En Russie, des dizaines de jeunes se sont donnés la mort en l’espace de six mois. En France, à Saint-Omer (Pas-de-Calais), la pendaison d’une jeune fille arrivée au dernier défi a été évitée de justesse.

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