Montauban : Agressions sexuelles sur six personnes âgées : 4 ans ferme

L’ambiance était très tendue hier dans la salle d’audience du tribunal, qui avait à juger une affaire délicate. Patrick Aubert, 58 ans, comparaissait pour deux faits d’agression sexuelle sur personne vulnérable entraînant blessure ou lésion en récidive. Les faits remontent au mois de juin 2017. Trois dames âgées de 98, 86 et 85 ans hospitalisées au CH de Moissac alertent le personnel pour des faits d’agressions sexuelles sur leurs personnes. Elles assurent qu’un individu a pénétré dans leur chambre, et s’en est violemment pris à leur poitrine, les insultant parfois, d’après le récit des faits du président Colson. La nonagénaire déclare que l’agression a duré environ une minute.

Interpellé en état d’ivresse, Patrick Aubert ne conteste pas son implication. Il dit «ne pas arriver à comprendre» ses agissements présumés, n’ayant «aucun souvenir». Le quinquagénaire, en détention provisoire, a déjà été condamné pour des agressions sexuelles en 1999 et 2013. Les enquêteurs rapprochent cette affaire des faits similaires sur des dames âgées de 77 à 91 ans en février 2017, toujours à l’hôpital moissagais.

Orphelin devenu alcoolique

Le président Colson déroule alors l’enquête de personnalité réalisée par l’expert-psychiatre de l’affaire : abandonné par ses parents biologiques, M. Aubert est recueilli dans une première famille d’accueil qu’il doit quitter, le père retrouvé pendu et la mère décédée dans un accident de voiture. Après deux autres familles d’accueil, il est placé sous curatelle et vit de son allocation adulte handicapé. Il sombre dans l’alcoolisme, expliquant pouvoir boire «jusqu’à 30 bières par jour».

Du côté des parties civiles, Me Krimi-Chabab insiste sur «le cauchemar vécu par l’une des victimes», quand Me Marques appuie sur la date des événements de la moins âgée des victimes, «le jour de son 78e anniversaire». Le procureur de la République, Alix Cabot-Chaumeton, relève le caractère lourd du dossier, évoquant «aucune possibilité d’évolution du prévenu», soulignant «sa dangerosité d’ordre sexuelle», et requérant un maintien en détention pour cinq ans ferme assorti d’un suivi sociojudiciaire de huit ans.

Des regrets au dernier moment

À la défense, Me Roca, qui reconnaît que «les faits glacent le sang», accentue sa plaidoirie sur les difficultés rencontrées par M. Aubert, assurant d’une «certaine prise de conscience après 14 mois en détention provisoire. Il n’y a pas un jour où il ne regrette pas ce qu’il a fait», a terminé l’avocate. «De tout mon cœur, je regrette tout le mal que j’ai fait», murmure le prévenu, juste avant le délibéré des juges.

Patrick Aubert est condamné à quatre ans de prison avec maintien en détention et huit ans de suivi sociojudiciaire. Il est aussi condamné à régler environ 13 000 euros de préjudices aux différentes victimes.

La DPM 

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