Châlons-en-Champagne : Un père privé de sa fille, le douloureux combat pour sa fille

Alexandre est en colère, la petite fille ne lui a pas été rendue. Nos confrère de L’union avait rédigé un article sur son histoire que nous publions. 

« Elle disait qu’on allait toucher notre rêve mais c’est devenu un cauchemar. »Alexandre Afchain parle vite, compulse la pile de documents devant lui. Cet Aubois d’origine est à bout de nerfs . Depuis cinq jours, il frappe à toutes les portes, multiplie les courriers, les appels téléphoniques. «  Je veux qu’on reconnaisse ma paternité et surtout protéger ma fille  », souffle l’homme âgé de 37 ans.

L’histoire débute il y a deux ans, sur un site de rencontre. Alexandre croise le chemin de Nancy*, dont il tombe vite amoureux. Certes, la trentenaire a un mari, des enfants, une maison familiale près d’Épernay, mais elle le rassure tant et si bien, le berce de si jolis mots, qu’il se laisse embarquer. «  On a vécu de beaux moments  », esquisse-t-il. Au mois de mai toutefois, la relation prend une autre tournure. Alexandre voit le ventre de sa belle s’arrondir, encore et encore. Le doute n’est plus permis : Nancy est enceinte, de lui et de cinq mois.

« Ma gamine est en danger, (sa mère) a menti, m’a manipulé… Je suis son père, je dois la protéger »

«  Elle me l’a caché, elle a porté des corsets pour tout dissimuler… » L’Aubois omet volontairement ce drôle de comportement, s’emballe pour le bébé. Il loue un appartement à Châlons, où Nancy travaille, court en mairie effectuer un acte de reconnaissance pour l’enfant, choisit un prénom…

«Il faut améliorer le placement des enfants»

L’aide sociale à l’enfance (ASE), Alexandre Afchain la connaît bien. La sienne a été chaotique. De violences en maltraitances, il passera dix années dans des foyers et familles d’accueil. «  Tu ne réussiras jamais, je ne l’ai que trop entendu…  » En sortie de foyer, il connaît la rue, la violence à nouveau. Jusqu’à l’armée, où il fait ses classes avec succès avant de retomber sur le bitume. «  J’ai fait des mauvais choix jusqu’à la naissance de mon premier enfant  », raconte-t-il. Là, son univers change. Un, deux, puis trois enfants avec son ancienne conjointe. Le couple vacille, ils sont placés, eux aussi. Alexandre Afchain s’intéresse alors à ces services, tisse des liens avec des professionnels du milieu, apprend de sa propre expérience et de ses erreurs.

Il mobilise sur internet

Alexandre Afchain a lancé une page Facebook intitulée « Alex Reconstruction Familiale ». Elle cumule aujourd’hui presque 5 000 abonnés. Le papa tient sa communauté au courant à chaque étape de son combat. Il compte sur la solidarité de ses followers pour lancer une opération bougie rose. « L’idée c’est que chaque personne mette une bougie rose à sa fenêtre pour réclamer un meilleur contrôle du suivi de grossesse. » La mère de Gwen n’avait pas effectué ce suivi. Il appelle également de ses vœux la création de « centres de reconstruction familiale » pour recréer les liens brisés dans les familles.

LES FAITS

En mai dernier, Alexandre Afchain apprend que sa maîtresse de l’époque est enceinte de cinq mois. Elle est mariée et a tenté de lui cacher sa grossesse.

Le 16 juillet, elle accouche d’une petite Gwen. Leur fille est prématurée et en mauvaise santé.

Début août, le père apprend que sa fille est née et qu’il n’est pas sur l’acte de naissance.

Le vendredi 10 août, Alexandre Afchain parvient à faire inscrire son nom sur l’acte de naissance de Gwen.

Il a également porté plainte contre son ex-maitresse pour violence sans incapacité sur un mineur de 15 ans. Il l’accuse d’avoir causé les problèmes de santé de sa fille.

J’ai été très surpris par le placement. Pourquoi est-ce qu’on m’interdit de faire ce qui est bénéfique pour elle ? » Le mardi 21 août au matin, Alexandre Afchain reçoit un coup de téléphone. La Circonscription de la Solidarité Départementale (CSD) a « quelque chose d’important à lui dire. »

Signe de la tension qui règne au sein de l’ancien couple, le père soupçonne son ex-maîtresse d’avoir enlevé le bébé. Mais lorsqu’il arrive au CSD, le couperet tombe : le procureur a ordonné une mesure de placement provisoire pour la petite Gwen Afchain. Sortie de l’hôpital jeudi, elle a été placée à la pouponnière de Reims, seul foyer pour bébé de la Marne.

Une décision motivée par le conflit entre les amants et les placements

La situation très instable de cette drôle de famille n’a pas aidé, l’histoire familiale d’Alexandre Afchain non plus. Il a trois enfants, tous placés. « J’ai appris de mes erreurs, assure le papa, c’était à cause de conflits avec mon ex-compagne. Maintenant, quand je vois ma fille, mes problèmes restent à la porte et je ne pense qu’à elle. »

Lorsqu’il apprend qu’il ne pourra plus voir sa fille, le père « pète un câble » de son propre aveu. « Ça fait des mois qu’on me fait tourner en bourrique. Tout est sorti d’un coup, j’ai retourné un bureau. » Une poussée de colère qui déclenche une intervention de police au CSD d’Epernay. Après des discussions mouvementées, Alexandre Afchain parvient tout de même à voir sa fille pendant deux heures. Il n’a pas pu passer du temps avec elle depuis.

La procédure prévoit un transfert du dossier au juge des enfants. Celui-ci pourra décider de placer l’enfant, avec ou sans droit de visite. Il pourra également organiser une assistance éducative si Gwen revient habiter chez l’un des parents.

En attendant une décision, le papa fait des pieds et des mains pour avoir des droits de visite en présence d’un tiers. Alors qu’il avait pris l’habitude d’aller voir sa fille tous les jours à l’hôpital, il s’inquiète de l’incidence qu’aura ce placement sur la petite Gwen.« J’ai passé dix jours dans la vie de ma fille. Elle a beaucoup évolué, elle est de plus en plus éveillée. Maintenant, les infirmières disent qu’elle est stressée, j’ai peur qu’elle perde ses repères et que son état de santé se dégrade. »

Source Intégrale L’union 

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