Société : Bertrand de Rochambeau, le président du Syndicat des gynécologues, dit regretter la polémique sur l’IVG

Bertrand de Rochambeau, le président du syndicat national des gynécologues obstétriciens, est vertement critiqué suite à ses propos comparant l’IVG à un homicide.

Bertrand de Rochambeau, le président du Syndicat national des gynécologues obstétriciens a déclaré mardi 11 septembre dans l’émission Quotidien sur TMC qu’il considérerait l’IVG comme un homicide. Aussitôt, une vague de critiques a déferlé. Depuis, s’il dit regretter la polémique, il a affirmé au micro de RTL ne pas retirer ses propos personnels.

UN HOMICIDE

Dans les détails, Valentine Oberti, une journaliste de l’émission de Yann Barthès, a interrogé le docteur Bertrand De Rochambeau, président du Syndicat national des gynécologues obstétriciens (Syngof), sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Un sujet sur lequel il a un avis très tranché.

Moi je fais un métier avec mes tripes. Je me lève à n’importe quelle heure la nuit. Je fais des opérations très difficiles avec mes tripes. Donc aux choses auxquelles je ne crois pas, je ne les fais plus. Nous, nous ne sommes pas la pour retirer des vies.

A-t-il énuméré à la journaliste.

Et lorsque celle-ci lui a fait remarquer que « ce n’est pas un homicide », le président du Syngof lui a rétorqué un « Si, madame ». Et d’ajouter dans un autre extrait de cet entretien :

En tant que médecin, je ne suis pas forcé d’avoir votre opinion. Et, si je ne l’ai pas, la loi me protège et ma conscience aussi.

En effet, la clause de conscience à laquelle se réfère le praticien prévoit que les médecins ont la possibilité de pratiquer ou non une IVG. Dans la négative, ils ont alors l’obligation d’orienter la patiente vers un autre praticien ou une structure qui répondra à sa demande.

DES PROPOS CONDAMNÉS PAR AGNÈS BUZYN ET MARLÈNE SCHIAPPA

Mercredi 12 septembre, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et la secrétaire d’État à l’Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, ont condamné « fermement » les propos de Bertrand de Rochambeau.

Rien ni personne ne doit entraver le droit à l’interruption volontaire de grossesse.

A réagi Agnès Buzyn.

Nous ne devons laisser passer aucune attaque, d’où qu’elle vienne, contre le droit des femmes à accéder librement à l’avortement.

A abondé de son côté Marlène Schiappa, dans ce communiqué commun.

Par ailleurs, dans un communiqué publié mercredi après-midi, le Syngof s’est désolidarisé des propos tenus par son président. Le syndicat a assuré que celui-ci s’était exprimé « en son nom personnel ».

Avant les responsables politiques, ces propos avaient déjà fait réagir plusieurs organisations. Ainsi, l’ordre des sages-femmes a alerté dans un communiqué sur le fait que, plus de quarante ans après la loi Veil autorisant l’IVG :

Ce droit, essentiel à l’autonomie et l’émancipation des femmes, est menacé.

« Scandaleux ! » a réagi la co-présidente du Planning familial, Véronique Séhier, dès la diffusion de l’émission.

 
Enfin, invité sur RTL mercredi 12 septembre, Bertrand de Rochambeau est revenu sur sa phrase polémique :

C’est ce que j’ai voulu dire. C’est mon avis personnel et pas celui de la profession. Mes propos ont été utilisés.

S’est-il défendu, martelant :

 

Ce sont des propos personnels, mon engagement personnel, mais ce n’est pas celui du syndicat.

Finalement, le président du syndicat a expliqué qu’il regrettait avoir répondu à la question de la journaliste de Quotidien sur les raisons qui le poussent à ne pas pratiquer d’avortement auprès de ses patientes.

 

 

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