Isabelle Filliozat : « Les enfants d’aujourd’hui son surprotégés »

Elle est La référence pour tant de parents qui éprouvent des difficultés dans l’éducation de leurs enfants. Nos confrères du Dauphiné ont recueillies des petits conseils d’Isabelle psychothérapeute dans une interview réalisée par Clémence LENA. 

Ses ouvrages “Au cœur des émotions de l’enfant” ou “J’ai tout essayé” trônent sur les tables de chevet de parents du monde entier, à la recherche de conseils éducatifs. En quelques années, la psychothérapeute Isabelle Filliozat est devenue une référence, figure de proue de la “parentalité positive”. Le 13 octobre, elle donnera une conférence à Vienne en Isère. Plus de 500 places ont déjà été réservées. Entretien.

La parentalité positive, aussi appelée éducation bienveillante, est née aux Etats-Unis et s’appuie sur les neurosciences. Le Conseil de l’Europe la considère comme l’approche éducative la plus à même de respecter les Droits de l’Enfant. Mais comment ça marche ? Explications d’Isabelle Filliozat.

La parentalité positive propose des alternatives aux punitions, aux cris, aux fessées. Donnez nous un exemple : comment un parent peut-il réagir lorsque son enfant refuse catégoriquement de s’habiller le matin avant de partir à l’école ?

« Quand un enfant refuse de s’habiller, ce peut être pour plusieurs raisons. Il peut être anxieux à l’idée d’aller à l’école parce qu’il y subit du harcèlement. Et pour lui, une fois habillé, il partira pour l’école. Il cherche donc à retarder l’échéance… Ou ce peut être tout simplement parce que le parent a donné un ordre. En effet, nous ne mesurons pas que le fonctionnement cérébral de tout humain l’oblige à se rebeller face aux ordres, surtout à certains âges où la zone préfrontale du cerveau se développe plus particulièrement. Cette zone est celle du libre arbitre. Ôter son libre arbitre à un humain, c’est lui ôter de son identité. Il y a moyen d’obtenir coopération sans donner des ordres. On peut offrir des choix : tu veux mettre les chaussettes ou le slip en premier ? Poser des questions pour faire réfléchir : tu regardes par la fenêtre, quel temps fait il ? Qu’est-ce qu’on met pour sortir ? Ou encore s’il a cinq ans, donc tendance à la distraction, nous allons dire “tee-shirt”, puis “slip” puis “chaussette”… Bref, nous obtenons coopération en respectant le fonctionnement de son cerveau. Parfois, nous croyons qu’il refuse de s’habiller alors que son souci est qu’il voudrait le pull bleu alors que nous avons préparé le jaune. Ou encore parce que nous avons préparé des vêtements alors qu’il voudrait les choisir. »

Vous êtes une référence pour de très nombreux parents. Comment expliquez-vous votre succès ?

« Ce que je propose fonctionne. Et rapidement. Je ne m’enferme pas dans des théories abstraites, je cherche à comprendre ce qui se passe. J’analyse les situations plutôt que de fournir une réponse stéréotypée. Et finalement, je ne dis rien que ce que chacun sait déjà dans le fond de son cœur mais ne s’est pas autorisé à écouter. Ce que j’exprime est soit fondé scientifiquement, soit lié à mon expérience des émotions humaines. Les gens me disent souvent : “Quand je vous lis, je me dis “mais c’est bien sûr ! C’est évident…”, Je permets à mes lecteurs de se reconnecter à eux-mêmes et je leur fournis des informations utiles et éclairantes. Et surtout, je les laisse libre. Je ne donne jamais de conseil, j’évite le verbe “devoir” et je refuse l’impératif dans mes livres. Bref, je tente dans mes ouvrages de mettre en pratique l’approche empathique positive. Je suis à l’écoute des émotions, ce qui tisse du lien. Mes lecteurs se sentent compris, entendus. »

D’après le Dauphiné

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