Disparition de Sophie Le Tan : Où en est l’enquête ?

Deux semaines après la disparition de Sophie Le Tan, une étudiante de 20 ans, un suspect a été mis en examen pour « assassinat ». Alors qu’il reste muet, les enquêteurs ont découvert que l’homme avait un profil inquiétant. 

Vendredi 7 septembre, Sophie Le Tan, s’apprêtait à entrer en troisième année de licence en économie-gestion à l’université de Strasbourg. Selon les Dernières Nouvelles d’Alsace, elle avait rendez-vous pour visiter un appartement en début de matinée à Schiltigheim. Une ville dans la banlieue de Strasbourg.

UNE DISPARITION INQUIÉTANTE

A l’issue de cette visite, Sophie Le Tan doit rejoindre ses parents pour déjeuner dans un restaurant à Cernay (Haut-Rhin), sa ville d’origine. Il était prévu qu’ils fêtent en famille les 20 ans de la jeune fille. Pourtant, ses proches sont restés sans nouvelles. Très vite, la police judiciaire de Strasbourg qualifie sa disparition « d’inquiétante ». Elle lance un appel à témoins dans la presse et sur les réseaux sociaux.

Près d’une cinquantaine d’enquêteurs poursuivent des recherches « tous azimuts » pour tenter de localiser la jeune fille. Le parquet de Strasbourg a ouvert la semaine dernière une information judiciaire pour « enlèvement et séquestration ».

Le 15 septembre, un suspect est arrêté. En effet, l’enquête de voisinage, les éléments recueillis suite à l’appel à témoins et les analyses des communications téléphoniques conduisent les enquêteurs à s’intéresser à un certain Jean-Marc Reiser. L’homme de 58 ans qui vit à Schiltigheim serait à l’origine de l’annonce de location de l’appartement visité par Sophie Le Tan. Trois autres jeunes femmes avaient répondu à la même annonce les jours précédents. Mais elles s’étaient rendues au rendez-vous accompagné d’hommes et n’avaient jamais vu arriver leur interlocuteur. Quant à Sophie Le Tan, elle était venue seule.

Par ailleurs, une perquisition effectuée au domicile de Jean-Marc Reiser a révélé, « malgré un nettoyage en profondeur », « l’existence de traces de sang ». Et dont l’ADN a été attribué à Sophie Le Tan.

Un deuxième ADN a été mis en évidence, mais il ne faut pas en tirer de conclusions hâtives sur le parcours criminel de Jean-Marc Reiser.

A expliqué une source proche de l’enquête à l’AFP.

Ainsi, dans la nuit du 17 au 18 septembre, Jean-Marc Reiser a été mis en examen pour « assassinat, enlèvement et séquestration ».

UN PROFIL INQUIÉTANT

Cependant, au cours de ses quarante-huit heures de garde à vue, Jean-Marc Reiser s’est muré dans le silence. Or, il dispose d’un lourd casier judiciaire. En effet, il a été condamné en 2001 par la cour d’assises du Doubs à 15 ans de réclusion pour des viols commis en 1995 et 1996. Cette peine, a par la suite été confirmée par la cour d’assises d’appel de Côte d’Or en 2003. En 1995 il avait violé une auto-stoppeuse allemande sous la menace d’une arme, dans les Landes. L’année suivante, il avait violé à plusieurs reprises une ancienne maîtresse.

Finalement, il avait été interpellé lors d’un contrôle de routine des douaniers dans le Doubs en 1997. Dans son véhicule, les enquêteurs avaient été découverts un arsenal d’armes de poing, un fusil à pompe, des cagoules et des stupéfiants, ainsi que des photos pornographiques amateurs. Avant de comparaître devant les assises, il avait également tenté de s’enfuir du Palais de justice de Besançon lors d’une audience de la cour d’appel qui examinait sa demande de mise en liberté, à l’été 2000. Il avait été condamné pour cela à huit mois ferme.

D’AUTRES JEUNES FILLES PIÉGÉES ?

D’après Christophe Allain, le directeur régional de la police judiciaire du Grand Est, Jean-Marc Reiser a déjà tenté d’attirer deux autres jeunes filles « dans un piège fatal » à Schiltigheim à l’aide d’annonces immobilières passées sur internet.

Pour ne pas se faire remarquer, il restait très flou sur la localisation de l’appartement. Le seul but était de les attirer sur son territoire de chasse.

A-t-il expliqué dans le quotidien Les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Des rendez-vous avaient été fixés mais aucune d’entre elles n’avait pu voir le moindre mètre carré du fameux appartement. Personne ne s’était présenté à l’heure convenue.

En outre, selon une source proche de l’enquête, la police s’intéresse aussi au témoignage d’une voisine de Jean-Marc Reiser. Selon elle, une jeune étudiante aurait séjourné chez lui et aurait « laissé des choses » chez elle avant de disparaître. Or, l’étudiante en question, de nationalité nigériane, s’est manifestée auprès de l’ambassade de France du Nigeria, a annoncé France 3 Grand Est. La police ne précise pas si le deuxième ADN correspond à cette jeune femme.

Enfin, jeudi 20 septembre, une quinzaine de personnes se sont rendues au plan d’eau de la Ballastière à Bischeim. Une ville située au nord de Strasbourg. Une battue citoyenne était organisée à l’initiative d’une femme de 42 ans, qui a lancé un appel sur Facebook pour retrouver Sophie Le Tan. Dans la matinée, un tee-shirt féminin noir de taille XS a été retrouvé. Les organisateurs ont immédiatement prévenu les enquêteurs qui ont sécurisé le périmètre. Pour RTL, qui cite la famille de la jeune femme, il pourrait s’agir du tee-shirt qu’elle portait le jour de sa disparition.

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