Procès de Bastien : La mère se fait passer pour victime ?

Ce lundi s’ouvrait le premier jour du procès en appel à Paris de Charlène, 32 ans, la mère de Bastien, qui a péri dans une machine à laver lancée par son père. Elle avait été condamnée en 2015 à douze ans de prison mais elle comparaîtra libre toute cette semaine.

« Charlène ? Il fallait toujours que quelqu’un s’occupe d’elle. Il fallait lui dire tu dois faire ceci et cela. Mais moi ça ne me dérangeait pas. Je lui donnais des petits coups de pression. Son éducation, je l’ai forgée. » Ce lundi après-midi, en visioconférence depuis la prison de Fresnes où il purge trente ans de réclusion pour le meurtre de son fils, Christophe Champenois ne parle pas de son animal de compagnie. Mais de son ex-concubine Charlène, 32 ans, de huit ans sa cadette. Qu’il jure ne jamais avoir frappée.

Si lui a renoncé finalement à faire appel, elle l’a maintenu. Elle sera jugée toute cette semaine par la cour d’assises d’appel de Paris. Elle avait été condamnée à douze années de prison pour la complicité du meurtre de son fils de 13 ans par la cour d’appel de Melun, en septembre 2015.

Ce vendredi 25 novembre 2011, dans le tout petit appartement que la famille occupe à Germigny-l’Evêque (Seine-et-Marne), excédé pour une raison inconnue, Christophe a placé son fils dans la machine à laver. Il a enclenché le programme essorage. Puis le programme lavage. Le petit garçon a péri ainsi, lui qui n’a jamais été voulu par son père. Son calvaire a duré « entre trente minutes et une heure ».

« J’ai pensé plusieurs fois à partir mais je n’ai jamais eu le courage »

Toute cette première journée de procès, le portrait d’une femme veule s’est dessiné. « J’ai pensé plusieurs fois à partir mais je n’ai jamais eu le courage », dit cette femme tout de noir vêtu. Elle a donc subi les insultes et les coups. « J’ai accepté parce que j’étais amoureuse. Parce que c’était mon premier homme. Je trouvais ça normal parce qu’il me parlait tous les jours comme ça », dit-elle.

Elle doit aussi avaler les humiliations. Comme cette fois où il couche avec la meilleure amie de Charlène, Laëtitia, dans la mezzanine alors qu’elle est dans le canapé, juste en dessous. « Je devais accepter, je n’avais pas le choix. J’étais sous son emprise. »

Même sa mère, assise dans son fauteuil roulant, d’une voix fluide et précise, a reconnu que sa fille n’avait pas un caractère très prononcé. « Elle ne frappe pas. C’est bien ça son problème. Si elle avait frappé (on compagnon) de temps en temps, pour lui remettre les idées en place, le petit Bastien serait encore là. » Et de conclure de ces mots terribles : « J’aime ma fille mais je lui en voudrai toujours. »

Des paroles «inappropriées» envers sa fille

Anticipant ce qui allait être dit, le président de l’audience lui-même a eu des mots peu avenants pour l’accusée. « On vous décrit comme quelqu’un de lymphatique. Vous avez du mal à vous mettre en avant. »

En tout cas, elle ne veut plus entendre parler d’idylle, désormais. « C’était le premier et le dernier homme. Je n’ai eu personne depuis. Je ne veux plus retrouver l’amour. J’ai peur que ce soit toujours la même chose. J’ai peur que l’homme que je retrouverais soit le même que mon ex ».

Avant Bastien, le couple a eu une première fille, aujourd’hui âgée de 11 ans. Elle a été placée. Son père, qui l’aime beaucoup et même un peu trop selon le juge et qui ne l’a jamais maltraitée, lui écrit depuis la prison. Il aurait des paroles « inappropriées », nous a confié un avocat entre deux portes. Le procès se poursuit toute la semaine. Il prendra fin ce vendredi.

D’après le Compte rendu d’audience du Parisien 

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