La famille de Médéric Gazambert n’accepte pas la thèse accidentelle. Leur avocat compte s’adresser au procureur pour élargir l’enquête.

« On a besoin de savoir. Pour faire le deuil et que l’âme de Médéric puisse reposer en paix ». La gorge serrée, Astride Gazambert nous confie les sentiments qui habitent sa famille depuis le 30 septembre, jour de la disparition de son cousin : le doute et le deuil.

Au petit matin ce jour-là, Médéric Gazambert, 25 ans, sort très alcoolisé du Mid’Star, une boîte de nuit d’Angers (Maine-et-Loire) d’où le jeune et sa famille sont originaires. Et puis plus rien. Le jeune Francais, arrivé petit de Centrafrique, ne donne plus signe de vie. A compter de ce jour, ses proches n’ont eu de cesse de le chercher, d’arpenter son quartier, les alentours de la discothèque et ont organisé une marche blanche. Jusqu’à la terrible découverte du 5 octobre : le corps de Médéric est retrouvé dans la Maine, près d’une passerelle réservée aux piétons, à un peu plus de 500 m du Mid’Star.

« Nos vies se sont arrêtées », décrit Astride Gazambert. Pour la famille de Médéric, le cauchemar commence : il faut l’identifier, puis comprendre. Mais le procureur de la République d’Angers coupe court. S’appuyant sur les résultats préliminaires de l’autopsie, Yves Gambert annonce que la piste criminelle est écartée. « L’autopsie écarte l’intervention d’un tiers dans le mécanisme mortel », nous affirme le procureur. « Nous n’avons pas d’éléments en faveur d’une enquête criminelle », ajoute-t-il, précisant qu’il attend toujours le rapport d’autopsie et d’autres expertises.

Des mouvements bancaires suspects?

Mais la famille Gazambert rejette les conclusions des enquêteurs de la sûreté départementale et s’appuie sur « des preuves matérielles » troublantes. Carte bancaire réapparue, transactions bancaires douteuses… Astride Gazambert, qui fait office de porte-parole des parents en deuil, énumère les détails qui les empêchent d’entamer leur processus de deuil. « La carte bleue que Médéric a utilisée en boîte de nuit a été retrouvée comme par magie dans son appartement le 3 octobre. Que la police nous explique comment cela peut être possible alors que le propriétaire de la carte l’avait sur lui avant sa disparition », questionne la cousine de 31 ans. La jeune femme n’imagine pas son cousin « qui ne tenait plus debout » repasser chez lui avant de retourner seul vers la rivière. Astride Gazambert évoque également des mouvements sur le compte bancaire remontant aux 3 et 4 octobre, soit quatre jours après sa disparition…

La famille dit avoir informé les enquêteurs de ces détails, sans retour de leur part. Les Gazambert ont décidé de prendre un avocat qui doit les aider à relancer l’enquête. Me Berahya-Lazarus nous annonce ainsi qu’il compte s’adresse au procureur de la République pour réclamer « une enquête de proximité » et empêcher que les enquêteurs ne se limitent à « une recherche scientifique ». La gorge serrée par la tristesse et la colère, Astride Gazambert implore : « On veut comprendre. Nous avons besoin de vérité pour avancer. »

Avec LP 

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