Les députés ont voté la création d’une prime qui incite les hôpitaux à trier les patients qui arrivent dans leurs services d’urgence et à en rediriger certains vers des médecins généralistes. 

Un patient qui se rend à l’hôpital pour un bobo ou un rhume ? À l’avenir, les médecins urgentistes pourront trier les malades et renvoyer ceux qui ne relèvent pas d’une urgence véritable vers les généralistes. La mesure a été approuvée à l’Assemblée nationale, mercredi 17 octobre, lors de l’étude du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

25% à 30% de patients à réorienter

Le « forfait de réorientation » était porté par le député La République en marche Olivier Véran, neurologue de formation. « L’activité des urgences hospitalières des établissements de santé en France augmente de 2 à 3% par an en moyenne. Actuellement, ce sont 23 millions de patients qui sont pris en charge . Or, on estime qu’entre 25 et 30% de ces patients ne relèvent pas du tout des urgences« , explique l’élu de l’Isère.

Le cœur du problème est avant tout financier : « Chaque fois qu’un patient passe la porte des urgences, l’hôpital va toucher un forfait et plus il y a de patients, plus il y a de forfaits. Cela n’incite pas à réorienter les patients », assure le député. Toutefois, si le patient veut malgré tout être soigné aux urgences et non ailleurs, il pourra l’être, indique encore Olivier Véran.

Selon les prévisions, quelque 6 millions de patients pourraient ainsi être réorientéschaque année, soit presque une personne sur quatre prise en charge à l’hôpital.

Des médecins montent au créneau

Interrogée sur cette mesure, la ministre de la Santé Agnès Buzyn estime qu’il s’agit d’une « bonne idée ». À l’inverse, des médecins généralistes et hospitaliers s’insurgent contre le coût de ce dispositif. « On va donner de l’argent pour ne pas soigner ! C’est la négation de l’engagement médical », réagit le président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), Lamine Gharbi, interrogé par Le Parisien.

Pour le principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF, cette mesure est « une bien curieuse idée, digne du pays d’Ubu ». « Ne serait-il pas plus simple de créer un forfait de prise en charge d’une urgence de ville lorsque des médecins libéraux sont organisés pour répondre à ce besoin de la population ? », interroge le syndicat dans un communiqué.

Avec AFP 

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