Nouveau rebondissement dans l’enquête sur le meurtre de Razia. L’auteur présumé des faits, Rafid A., époux de la victime, a été interpellé vendredi après-midi par des policiers grecs à l’aéroport d’Athènes, a indiqué une source policière à l’Agence France-Presse, confirmant une information du site de RTL/M6. Un mandat d’arrêt international avait été émis contre cet homme de 38 ans, principal suspect dans ce meurtre. Razia, mère de famille afghane de 34 ans a été poignardée à mort en pleine rue le 30 octobre dernier à Besançon. Le drame a suscité une vive émotion.

Rafid A. a été placé en garde à vue et devrait être incarcéré dans l’attente de son extradition vers la France, selon le site. Son arrestation est survenue alors que quelque 400 personnes s’étaient rassembléesvendredi en début de soirée à Besançon pour un hommage à la victime, à l’initiative de l’association Solidarité Femmes. Logée depuis un an dans un appartement de cette association, qui accompagne les femmes victimes de violences conjugales, Razia a été tuée de plusieurs coups de couteau au torse et au cou en revenant de ses courses.

Sept plaintes déposées

Sur le pavé de la place, quelqu’un a déposé la silhouette blanche d’un corps, entourée de bougies, avec un petit bouquet d’oeillets rouges et cette épitaphe: Razia, 34 ans, 3 enfants, assassinée le 30 octobre 2018. « Pourquoi Razia n’a-t-elle pas été entendue ? », « Violences conjugales, ce n’est pas un crime passionnel », ont écrit les manifestants sur des pancartes. Razia avait déposé sept plaintes contre son mari, trois à Marseille (sud de la France) puis quatre à Besançon pour violences volontaires sur conjoint, violences aggravées et menaces de mort réitérées, selon l’association.

Après avoir demandé le divorce, elle avait obtenu en juillet une ordonnance de protection délivrée par un juge des affaires familiales, interdisant à son mari de l’approcher. Mais celui-ci est donc parvenu à retrouver sa trace et à la rejoindre. Les coups portés à Razia ont entraîné sa mort par rupture de l’aorte, selon une source judiciaire. Elle laisse trois enfants de 9, 12 et 16 ans, les deux plus jeunes faisant désormais l’objet d’un placement provisoire décidé par la justice. En 2016, 123 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon en France, soit environ une tous les trois jours.

Avec AFP 

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