Une amende de 225.000 euros, soit le maximum légal, a été requise vendredi à l’encontre de l’ascensoriste Otis et du bailleur social Mantes en Yvelines Habitat (MYH), poursuivis pour homicide involontaire après la mort d’un enfant de 7 ans dans un ascenseur d’une tour de Mantes-la-Jolie (Yvelines).

 En empruntant l’ascenseur, la roue de sa trottinette s’était coincée dans les portes et le guidon s’était alors bloqué sous son cou, entraînant l’asphyxie de l’enfant.

L’appareil avait fait l’objet d’un contrôle la veille des faits, lors duquel le technicien n’avait constaté aucun dysfonctionnement.

La société Otis, par la voix de son avocat Me Rémy Douarre, a estime qu’aucune faute n’avait été commise par l’ascensoriste. « L’accident ne serait pas intervenu si l’enfant n’avait pas été seul », a affirmé l’avocat. « La loi impose la présence d’un adulte en-dessous de 12 ans, c’est écrit dans l’ascenseur », a-t-il ajouté.

En outre, « l’ascenseur est un moyen de transport pour les personnes et non pas pour les biens, auquel cas on parle de monte-charge », a avancé le conseil de l’entreprise dans ses conclusions, précisant que l’enfant était entré dans l’ascenseur sans prendre le soin de replier sa trottinette.

« L’usage d’une trottinette ne peut absolument pas être considéré comme fautif », a contré Me Samim Bolaky, l’avocat de la famille d’Othmane.

« C’est une roue de trottinette qui s’est prise dans les portes qui se refermaient mais ça aurait pu être une roue de fauteuil roulant, ça aurait pu être une canne, et le résultat aurait été le même », a-t-il fustigé.

Il a en outre pointé l’absence de contrôle de la part du bailleur MYH, dont le dernier contrôle quinquennal de l’immeuble remontait à janvier 2010, soit plus de cinq ans avant les faits.

Me Bolaky a dénoncé « l’attitude lamentable » d’Otis et de MYH lors de l’audience pendant laquelle la mère d’Othmane avait fait un malaise, provoquant une interruption des débats.

« Il est intolérable qu’il y ait eu un décès et que l’office HLM n’ait jamais jugé bon de recevoir la famille », a insisté Me Bolaky, dénonçant le « dédain » et le « mépris » des deux sociétés qui se sont rejeté la faute.

L’avocat d’Otis a lui jugé les réquisitions « surprenantes » et ne tenant « pas compte d’un certain nombre de circonstances ». La décision a été mise en délibéré au 7 décembre.

AFP

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