Beauvais : Un enfant battu pour une coupe de cheveux

L’histoire de Rayan, quinze ans et bon élève, qui voudrait se faire défriser les cheveux, c’est à la mode chez les jeunes aux cheveux crépus dit la Provence, mais sa mère et son beau-père refusent…

Les cheveux défrisés, ça veut dire qu’on vient des quartiers nord, dit la maman, je ne veux pas qu’il ressemble à un guetteur de cité…

Et quand Rayan se lisse la mêche, tout dégénère… Son beau-père le gifle, il menace de le fouetter, il lui rase la tête et l’insulte, « il disait que j’avais fait une coiffure de pute et de pédale »…racontera Rayan aux policiers . Le garçon est aujourd’hui en foyer…

Mais les brutes ont leurs peurs sinon leurs raisons…

Et on lit que le couple habitait les quartiers Nord et avait déménagé pour une vie plus tranquille, le beau-père avait eu une jeunesse agitée et voulait faire comprendre à Rayan « à l’ancienne » qu’il ne faut pas avoir une coupe de délinquant… la maman de rayan dit qu’elle a déjà perdu un fils dans la délinquance…

Et  on en parle de ce malheur avec une prudence infinie.

On trouve la même prudence dans le Parisien Aujourd’hui en France, qui est allé à Beauvais rencontrer des habitants meurtris après les émeutes du Nutella. On lit ceci.

Kerrigan, 19 ans: « D’habitude, les gens achètent de la pâte à tartiner au premier prix comme ça, ils économisent pour mettre de la viande dans leur assiette, là, ils peuvent s’offrir de la marque ! »

Laura, sa belle soeur:  «La vie est tellement dure. Faut bien nourrir les enfants et leur faire plaisir quand on peut ».

L’Opinon traduit ça en terme sociologique… « Pour les exclus de la société de consommation, le Nutella est statutaire, on l’offre à ses enfants comme un signe d’inclusion en se disant qu’eux aussi y ont droit« …

Dans le Parisien, on lit aussi qu’il y a deux semaines, une promotion sur  le pack de six bouteilles de Perrier  à 0,96€ a provoqué une razzia. Et que des pots de Nutella achetés en promotion se sont revendus à 3€ sur Facebook.

Un business, de la survie…

La Une de l’opinion est consacrée au pouvoir d’achat, cela tombe bien.

Pendant ce temps  on se donne du bonheur dans la Dépeche, à propos d’un aliment à 1200 euros le kilos! la truffe, que l’on fêtait hier à Moussoulens, dans l’Aude, à l’occasion des Ampélofolies du Cabardès, une fête gastronomique dédiée au vin et au mystérieux champignon… Et ce fut chouette, place du Calcadis, toutes les truffes sont parties! Et le journal distille: « Si on pousse parfois des coudes, aucune bagarre n’est à déplorer dans cet exact contraire de l’hypermarché. »

Même le bonheur de la truffe rappelle la misère du Nutella…

La misère des EHPAD dans Libération et Télégramme

Les établissements pour personnes agées dépendantes dont les personnels font grève demain et racontent ce qu’on leur fait et qu’ils font aux anciens dans des établissements en sous-effectif…

Sur le site du Télégramme…

Vite, il faut aller vite. Sauf qu’un vieux, c’est tout, sauf vite. Ben nous, on le fait voler. Ils mangent  à la limite du gavage car pas le temps pour accompagner un repas correctement. Le ménage dans les chambres est fait toutes les trois semaines. Les toilettes se font au gant : le visage, puis le bas du corps, le lendemain on utilise le même gant. La toilette n’est pas faite sur les jambes et les pieds, pas le temps, ils ont une douche toutes les deux semaines. Souvent, je dois choisir entre laver les dents ou les jambes, je n’ai pas le temps.

Libération titre fait parler aussi les anciens… Ce monsieur bien mis qui se sent en prison, dit-il.  « Je veux sortir et je veux aller chercher des cigarettes.»  Il a fait un AVC, il ne doit pas être seul, mais il n’y a pas assez de monde pour l’accompagner au-dehors…

On parle dans nos journaux des EHPAD mais plus encore, c’est dans les Echos, de la crise de tout le monde hospitalier, « il ne se passe plus un mois sans qu’on apprenne le suicide d’un interne, d’un infirmier ou d’un médecin« , lit-on.

On parle de martyrs dans la Croix

La croix qui montre 19 visages très doux, dix neuf religieux et religieuses, assassinés en Algérie entre 1994 et 1996, pendant la guerre menée par les groupes islamistes. Parmi eux les moines de Tibhirine mais aussi soeur Paul Hélène Saint Raymond, bibiothécaire dans la Casbah d’alger et qui disait quand on la mettait en garde, « nos vies sont déjà donnés« . Et ces prêtres qui avaient choisi de vivre parmi un peuple musulman, vont être béatifiés, et ce geste symbolique est aussi malaisé, qui risque de séparer ces morts des 200.000 algériens tués à l’époque. « Il ne faut pas célébrer des vies assassinées par des islamistes mais des vies données aux musulmans« , dit Isabelle de Gaulmyn dans son éditorial de la Croix, qui titre « Martyrs par amour »…

Le Figaro est politique et rappelle qu’il y a eu des doutes sur les assassins de Mgr Claverie, l’évèque d’oran ou des moines de Tibhirine.

Le Figaro qui rappelle que le feu islamiste brûle plus que jamais et décrit  à sa Une et dans un long reportage le djihad de Al Qaida qui enserre le Mali, 5 ans après l’intervention française… Le journal parle d’un Etat malien en décomposition, de chefs de guerres et de luttes ethniques, mais  accuse aussi l’Etat algérien de double jeu, qui offrirait une base de repli aux djihadistes… La coïncidence est saumâtre.

On décrit ce matin, dans les DNA et dans le Figaro, le retour de l’antisémitisme en Allemagne, sous la pression  dit le Figaro, de la droite populiste entré au parlement et de l’extrémisme musulman. Mais on lit qu’une militante sociale démocrate souhaite que tous les habitants d’Allemagne visitent un camp de concentration… Cette militante Sawsan Chebli, est d’origine palestinienne. Les origines ne font rien à la conscience.

source France Inter

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